Être l'autre femme


Plusieurs d’entre vous diront que je suis une mauvaise personne, que je n’ai pas de cœur et que j’ai aidé un homme à tromper sa femme. Oui, vous avez raison. Mais l’amour…. L’amour, ça fait faire des choses qu’on ne ferait pas en temps normal.

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Si tu savais combien de fois j’ai ‘stalké’ sa page Facebook. Si tu savais combien de fois j’ai pensé lui écrire et tout lui dire. Je voulais gagner. Je voulais te gagner. Mais ce n’était pas de sa faute, elle ne méritait pas ça. Je me souviendrai toujours du matin de ton mariage. Tu étais chez moi. Te laisser partir est à ce jour la chose la plus difficile que j’ai eu à faire. Ô combien intensément ai-je pleuré ton départ. Mais le pire dans tout ça, c’est qu’après ta lune de miel, tu m’as rappelé.


Avec du recul, je me demande comment on a fait pour faire ça. Comment on a fait pour se fréquenter pendant 3 ans. Tu as rencontré ma famille, j’ai rencontré tes amis. On a voyagé ensemble, on sortait même en public. On se tenait la main dans les centres d’achats, comme si on était un couple. On n'avait pas peur, on s’aimait tellement fort. Je me souviens qu’une fois on à croisé un membre de ta famille au cinéma. On s’est caché derrière les bancs dans la salle et on a attendu qu’il quitte. Je me demande souvent ce que serait notre vie aujourd’hui si on s’était fait prendre.


J’étais folle de toi. Je t’avais dans la peau.


On s’est dit ‘Je t’aime’ beaucoup trop souvent. On a fait l’amour beaucoup trop souvent. On a menti beaucoup trop souvent. À nos familles, à nos amis, à ta femme. Je me suis toujours dit qu’elle devait me sentir, qu’elle devait sentir mon parfum sur toi. Qu’elle devait trouver mes cheveux sur tes vêtements. Qu’elle devait savoir que j'existais, que j’aimais son homme.


Mais pour moi, tu étais mon homme. Tu étais mon amour, ma vie. Je sais que ça ne pardonne pas ce que j’ai fait, mais maudit que je t’ai aimé. J’aurais fait n’importe quoi pour que tu m’aimes autant. Que tu m’aimes assez pour la quitter.


Quand je suis tombée malade, tu n’étais pas là. Quand j’avais besoin de toi, tu étais avec elle. J’ai vécu des moments difficiles et j’aurais tellement aimé t’avoir à mes côtés. Mais tu n’étais pas là. Je t’en ai tellement voulu de ne pas être avec moi dans les moments les plus pénibles de toute ma vie. Je t’en veux encore. Je t’en voudrai toujours.


Mais c’est ça, être une maîtresse. Être l’autre femme, c’est ne jamais pouvoir voir son homme quand tu le veux. C’est le laisser choisir. C’est le laisser mener ta vie. C’est toujours passer en deuxième. En fait, c’est toujours passer en dernier. C’est être seule la plus grande partie du temps. C’est s’accrocher à chaque petit moment, à chaque appel, à chaque message texte. C’est s’accrocher à une relation inexistante, à un rêve qui ne se réalisera jamais. C’est être célibataire, mais agir comme si tu étais en couple.

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J’ai perdu mon estime de moi, mon respect envers moi-même. J’ai perdu ma foi, ma confiance envers les autres. Tu m’as brisé. On s’est brisé. Aujourd’hui, il y a tellement de chansons, d’endroits, de poèmes et de livres qui me font penser à toi. J’aimerais te dire que je ne ressens plus rien, que c’est derrière moi. Mais la vérité, c’est qu’une partie de moi sera toujours amoureuse de toi.


Pendant 3 ans, j’ai espéré et prié à tous les jours pour que tu la quitte, pour que tu sois miens. Et aujourd’hui, je remercie le ciel de t’avoir laissé partir. J’ai toujours cru que jamais j’aimerais autant que je t’ai aimé. Mais c’est faux. Je réalise aujourd'hui que je n’ai pas besoin de toi pour m’aimer, je peux m’aimer moi-même. Même si c’est difficile, c’est mieux comme ça.


Je n’ai jamais eu la chance de te dire au revoir, alors je te le dis, maintenant.


Au revoir.

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