La crise existentielle de la vingtaine ? Elle existe.


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À chaque anniversaire, c'est un peu toujours la même chose : je me vois soudainement inondée par les messages de gens à qui je n'ai pas parlé depuis une petite éternité, et j'angoisse abusivement à l'idée de déballer des cadeaux sous les regards curieux de mon entourage. Ajoutons à cela une réalité légèrement démoralisante : plus je vieillis, moins les anniversaires me semblent excitants. Il me serait impossible d’identifier à partir de quel moment j'ai soudainement cessé d'anticiper mon anniversaire six mois à l'avance, mais hélas cette date auparavant si spéciale me laisse maintenant de glace.


Quel pouvait être l’élément déclencheur de cet étrange changement ? Certainement la brusque arrivée de la ‘’ tant attendue vingtaine ‘’. Moi qui en rêvais depuis mon plus jeune âge, j’étais soudainement en panique à l’idée que la fameuse vie d’adulte m’avait aussi rattrapée. Cette fameuse vie d’adulte que j’ai espérée pendant la presque totalité de mon enfance, je la redoutais. Je priais presque de retourner en enfance, un souhait malheureusement impossible. Comment peut-on être aussi naïf que de penser que l’enfance est ennuyante ? Best times. Un vrai mystère de la vie.


Quoi faire maintenant, qu'elle était la prochaine étape ? D'un seul coup, j'étais tellement angoissée par cette décennie décisive, que je n'étais plus certaine de rien. Est-ce que j'étais vraiment dans le bon programme universitaire ? Est-ce que j'aimais vraiment mon emploi ? Est-ce qu'à 23 ans je devais déjà être fiancée à l’homme de ma vie ?  Comme si d'un seul coup, tout devenait décisif pour moi. J'avais l'impression d'être en retard dans absolument tout, et surtout de ne jamais rien faire d'adéquat. Insérer ici l’une des plus grandes erreurs collectives : se comparer aux autres sur les réseaux sociaux. Arriver à ne pas le faire est selon moi l’une des plus grandes victoires de notre génération. J’aimerais dire que je ne le fais plus, mais ça serait de vous mentir. Franchement, le vrai cauchemar de la vingtaine c’est d’ouvrir son Facebook et d’apercevoir ses amis du primaire se marier et accoucher de leur deuxième enfant alors que tu es en plein changement de programme universitaire (encore) et que tu n’as pas eu de relation amoureuse sérieuse depuis 2 ans. Honnêtement, c’était l’état de panique générale. Ajoutez à cela que je me sentais incomprise par la grande majorité de mon entourage. Qui suis-je, d’où viens-je, où vais-je ? So many questions, so little answers.


Dans mon état d'angoisse subite (et franchement plutôt intense), j'ai donc finalement changé de programme universitaire environ dix fois, changé quelques fois de style vestimentaire, et remis mon choix de carrière en question au moins mille fois. Sans exagération.  Je n'étais plus certaine de rien du tout.  Et donc un matin, en mangeant mon déjeuner bien tranquillement, j'ai réalisé quelque chose : j'étais victime de la crise de la vingtaine. Ça peut sembler un peu ridicule, mais je crois que c'est exactement ça. Un peu comme une crise de la quarantaine prématurée. Cette fameuse crise de la quarantaine qui est depuis ma jeunesse présentée comme un événement officiel inévitable dans la vie d’un adulte, pratiquement noté au calendrier. J’ai même le vague souvenir d’avoir certaines inquiétudes pour ma mère suite à son approche de la very infamous quarantaine. Et pourtant j’y étais moi aussi, seulement vingt ans trop tôt. Quelle était la prochaine étape ? J’en avais absolument aucune idée, le vrai néant.


Après quelques jours pénibles à me morfondre (et à faire l’erreur d’encore me comparer à mes amis sur les réseaux), j'ai finalement réussi à me ressaisir et à faire le point sur certaines choses. Note : soyons honnête, quand je dis quelques jours j’entends plutôt quelques mois. J'ai compris que ça servait certainement à rien de paniquer face à tous les choix qui se présentaient à moi. Qu'à travers toute cette folie, je devais rester fidèle à moi-même, et surtout profiter des opportunités qui se présentaient à moi. J’ai décidé de prendre des risques, et d’accepter de vouloir certaines choses qui semblent parfois inatteignable, des buts qui sont pour certains irréalistes. Mais pour moi, le fait de simplement accepter mes rêves représente une petite réussite. D'avoir mis un nom sur ce que je ressentais m'avait soudainement rassurée. Et après en avoir parlé avec quelques amis, j'ai réalisé que j'étais loin d'être la seule à souffrir de ce phénomène bien réel. 


Et de toute manière, où est le plaisir dans une vie sans risque ?

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